Le nucléaire et l'EPR ne sont pas la solution à l'effet de serre

Publié le par Monique Guittenit

            Pour le CO2 c’est l’ensemble de la filière nucléaire qu’il faut analyser.

 

 

Il est exact qu’un réacteur nucléaire  produit peu des émissions de CO²; par contre l'ensemble des industries du nucléaire et des transports de cette industrie, de la mine aux déchets, et notamment les transports, ont des émissions qui, sans être au niveau de celles de la combustion des combustibles fossiles, ne sont pas nulles et en tout cas supérieures à celles résultant de programmes d'efficacité énergétique ("à même service rendu, l'énergie la moins polluante est celle que l'on ne consomme pas") et d'utilisation des énergies renouvelables.Au Canada, le gouvernement fédéral ne prévoit pas de crédit pour la réfection des centrales nucléaires car elles ne contribuent pas à la diminution de l’effet de serre en vertu du protocole de Kyoto... (voir tableau ci-dessous qui montre qu’électricité peut signifier C02).

 

 

            Les dangers majeurs entraînés par le nucléaire

 

 

Cet avantage relatif en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à des centrales à combustible fossile (elles-mêmes plus ou moins "émettrices" selon le combustible et la technique) doit être mis en regard des "inconvénients" que représentent les risques d'accidents, les rejets et déchets radioactifs et la prolifération des armes nucléaires, du terrorisme . Tchernobyl est là avec ses 9 millions de personnes vivant toujours dans des territoires contaminés (source ONU), ses 500 000 enfants malades, son million de liquidateurs qui ont sauvé l’Europe d’un plus grand désastre et meurent peu à peu « sous le boisseau » ( "Enfants de Tchernobyl-Bélarus" 22 rue Principale  68480 Biederthal ; site : http://enfantsdetchernobylbelarus.doubleclic.asso.fr/)

 

 

            C'est le dérèglement climatique qui s'attaque au nucléaire, démultipliant les risques et les problèmes.

 

 

Au cours de la tempête de décembre 1999, la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a été gravement inondée, frôlant la catastrophe. Pendant la canicule 2003, EDF a dû arrêter de nombreux réacteurs - et même arroser ceux de Fessenheim (Alsace) – du fait du réchauffement des eaux des fleuves, et la France n'a évité la pénurie qu'en important massivement de l'électricité à un coût exorbitant.

 

 

Quelques jours à peine après les défaillance de la France nucléaire à répondre aux pointes de consommation de cet hiver dernier, c'est à nouveau le spectre de la sécheresse qui menace : avant que les autres centrales nucléaires ne soient touchées, il apparaît déjà que celle de Civaux (Vienne) va être sous peu en difficulté du fait de la baisse du niveau de l'eau dans la Vienne.

 

 

Il faut s'attendre à des canicules et des excès climatiques de plus en plus fréquents et intenses, provoquant la neutralisation des réacteurs nucléaires !

 

 

            Les pays qui ont le plus de nucléaire, dont la France le pays le plus nucléarisé du monde, contribuent le plus à l’effet de serre….car ils encouragent une société de gaspillage vulnérable et dépendante.

 

 

En incitant à  l'augmentation de la consommation d'électricité (chauffage électrique, climatisation), la France, suréquipée en production de « base », a du mal à assurer les pointes et doit pour cela importer de l’électricité, d’Allemagne en particulier, à qui on achète plus d’électricité qu’on lui en vend. Cet hiver la France a importé de l’électricité de l’Allemagne pourtant engagée dans la sortie du nucléaire et où il faisait encore plus froid.  Le réseau allemand tombant en panne, n’a pas pu nous fournir à l’heure de pointe provoquant l’effondrement d’une partie du réseau français. Gérer les « pointes » renforce le besoin en centrales électriques alimentées en combustible fossile et entraîne par conséquent une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

 

 

            Le retard dans une politique énergétique novatrice pour lutter contre les gaz à effet de serre

 

 

Nous prenons ainsi du retard dans ce domaine 100 fois plus développé en Allemagne (dès maintenant plus de 10% de son électricité est produite par le solaire et l’éolien) au Danemark ou ailleurs, ce qui nous pénalise commercialement et en emplois potentiels, sachant que les économies d’énergie et les énergies nouvelles sont bien plus créatrices d’emplois que la production centralisée

 

 

d’électricité. (voir étude des 7 vents www.sortirdu nucleaire.org)

 

 

Promotion de la consommation d’énergie, voir gaspillage, fragilité face aux pointes climatiques, retard dans les activités de maîtrise d’énergie –que ce soit dans les systèmes à haut rendement, les matériels efficaces, les énergies renouvelables, voilà ce qui caractérise la France, modèle mondial du nucléaire.

 

 

elle exporte l’équivalent de 9 à 10 réacteurs..).

 

 

 C'est au niveau mondial que se pose l'enjeu de la lutte contre le changement climatique. Les études publiées par Global Chance montrent qu'une relance massive et aussi rapide que possible du nucléaire au plan mondial, avec tout les risques qu'elle comporterait sur le plan de l'environnement, de la santé et de la paix, n'apporterait qu'une contribution mineure en 2030 à la diminution indispensable des émissions de gaz à effet de serre, en tout cas inférieur à 10% des émissions de CO² prévues à cette époque (actuellement le nucléaire assure 2,5% de l’énergie consommée dans le monde— sources AIEA). . La Chine qui lance un appel d’offre pour 4 réacteurs ambitionne de passer de 2 à 4% d’électricité nucléaire en 2030, c’est dérisoire.  Pour lutter contre l’effet de serre il est plus efficace de vendre à la Chine par exemple des centrales à charbon moins polluantes ; EDF sait les faire (ex. à Gardanne).

 

 

Ainsi, malgré les efforts de notre industrie nationale, le nucléaire est plutôt sur le déclin, et la crise touche ses infrastructures. Il souffre d’une crise de légitimité (désinformation de la population, risque de catastrophe depuis Tchernobyl, prolifération militaire à partir du nucléaire civil, menaces terroristes, gestion non résolue des déchets, coûts considérables cachés et pris en charge jusque là par les états etc.). Crise aussi du vieillissement des 440 réacteurs. Il faudrait en démarrer 80 dans les 10 ans (seuls 31 sont engagés), 200 dans les 10 ans suivants, pour conserver la part mondiale actuelle du nucléaire.

 

 

 

 

 

Les silences des discours sur l’effet de serre

 

 

             L’énergie ne produit que 13% des gaz à effet de serre en France (voir tableau ci contre) et dans le monde encore moins. Le CO2 n’est pas le seul coupable de l’augmentation des gaz à effet de serre.

 

 

"Les versions des années 90 s'accordaient à donner au gaz carbonique 50% de la responsabilité de l'effet de serre, 15% au méthane, 12% au protoxyde d'azote, 15% à la vapeur d'eau et 8% pour les autres sources, principalement les fréons et ozone d'origines récentes. Donc, haro sur le

 

 

grand responsable, le CO2. Accusé numéro 1 : les combustibles fossiles ; le discours passe très bien auprès des populations sensibilisées aux problèmes de l'environnement. Manipulation ?" (...)

 

 

"Mais cette augmentation est aussi due à la déforestation, à la mortalité du plancton végétal induite par l'intensification des ultraviolets du fait de la dégradation de la couche d'ozone stratosphérique sous l'action des fréons ; ces diverses causes d'évolution du taux de CO2 dans l'atmosphère sont d'ampleur sensiblement égale à l'usage des combustibles fossiles dont on peut évaluer l'impact global sur l'augmentation des gaz à effet de serre à environ 4 à 5%. Dans le même temps, le méthane a plus que doublé en passant de 0,8 à 1,7 ppmv, soit 8% d'augmentation de l'effet de serre ; principaux coupables, l'agriculture et l'élevage intensifs, la déforestation. Le protoxyde d'azote (N2O) est passé de 0,275 à 0,305 ppmv et l'effet de serre d'une seule molécule est estimée à l'égal de 310 molécules de CO2 ; là encore les principaux coupables sont l'agriculture

 

 

et l'élevage intensifs." http://www.dissident-media.org/infonucleaire/vache_industrie.html

 

 

 Que ce soit au niveau national ou au niveau mondial, la réduction des émissions de gaz à effet de serre (il faudrait réduire d'un facteur 4 à l'horizon 2050 dans les pays industrialisés comme la France) demande une politique diverse :

 

 

 Lutter contre la déforestation, favoriser une agriculture n’émettant pas de CO2 et de méthane ou promouvoir des méthodes minimisant l’impact de ce méthane (production de biogaz), lutter contre la destruction du plancton sont des moyens de lutte efficace contre l’effet de serre minimisés par la discours ambiants.

 

 

 Une politique énergétique moins productrice en gaz à effet de serre est un des éléments de cette politique globale. Cette politique est une  combinaison de programmes massifs de sobriété et d'efficacité énergétique et de développement des énergies renouvelables. Une réduction  de la consommation d'énergie à meilleur service rendu est possible dans des conditions économiques favorables, avec des bénéfices considérables en termes sociaux (emploi, confort), environnementaux (pollutions locales, climat) et géopolitiques (réduction des tensions, développement des pays les plus pauvres, étranglés aujourd'hui par l'augmentation des prix de l'énergie). C’est dans le cadre d’une société sobre en énergie que les énergies renouvelables auront toute leur place dans les pays du nord « énergie voraces ». Une réduction du CO2 produit par les centrales à charbon dans les autres pays comme la Chine ou l’Inde est aussi un des éléments de cette politique globale.

 

 

Tentative de synthèse par Monique Guittenit

 

 

Emprunts de la réflexion aux docs divers du Réseau (diaporama de Nadège Morel, brochure contre l’EPR de Martin Leers et travail de Pierre Péguin membre du CA) ainsi qu’ à Stop Nogent (dissident- média)

 

 

 

 

 

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Justin 03/08/2008 21:11

La page indiquée est sans doute devenue celle-ci : http://futura24.site.voila.fr/nucle/nucle.htm C'est en fait un dossier dans lequel on peut par exemple trouver : - http://futura24.site.voila.fr/energie/electri_nucle.htm qui donne la part réelle de l'électricité nucléaire dans toute l'électricité et toute l'énergie produite en France et dans le monde, une part bien faible et en diminution- http://futura24.site.voila.fr/nucle/react_france.htm donne des précisions sur les réacteurs nucléaires en France : puissance, date de construction, durée pour les construire ...

Jeantet 12/10/2007 21:52

Une étude trouvée ici http://futura24.site.voila.fr/futura01/nucle.htm propose une solution alternative au réacteur EPR, permettant au Grand Ouest (la Bretagne et sa périphérie) de bénéficier d\\\'une énergie équivalente à moindre coût. Cela sans risques et en développant l\\\'emploi local.
Une autre étude  montre qu\\\'il est possible de réduire les émissions de CO2 en France et de supprimer le nucléaire dans le même temps.
Enfin, le nucléaire n\\\'a aucun avenir. La production d\\\'uranium sera en déclin dans moins de vingt ans, ce qui entraînera le déclin du nucléaire. Aucune autre technologie nucléaire ne sera disponible à ce moment là.